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Lundi 15 juin 2009
« Désolé », « Je suis désolé ». C’est une phrase que j’utilise souvent quand je sens qu’on me reproche quelque chose pour lequel je dois admettre que j’étais en faute et que j’ai blessé l’autre.
Cet après-midi, une conversation m’a fait comprendre à quel point la désolation était éloigné d’une vraie reconnaissance de mes propres torts. En écoutant attentivement une personne dire « je suis désolé », j’ai entendu le drôle de sentiment qui se cache derrière cette formule.

La désolation, le fait d’être désolé, ressemble en fait à l’envie que ce qui s’est produit, la blessure que l’on a infligé aux autres, n’ai jamais existé. On aimerait, par désolation, que l’histoire telle qu’elle fut vécue disparaisse. Il y a une part de fantasme dans le fait d’être désolé, une part de nostalgie d’un temps où on n’avait pas encore blessé l’autre.  « Désolé » veut souvent dire « Oh comme c’est dommage que cela se soit passé ainsi, si je pouvais revenir en arrière je le ferais bien ».

So what ? Ca avance à quoi d’être désolé ? C’est toujours mieux que de nier les faits, que de nier que l’événement ait était « regrettable » précisément, mais franchement, cela avance à quoi ?
Ca fait une belle jambe à une personne blessée que l’autre lui dise qu’il est désolé. La plupart du temps quand je dis à une personne sensible que je suis désolé, j’ai l’impression qu’elle est presque blessée de cette désolation. Et cela double la mise.

Car une personne seulement désolée ne change pas. Elle sera encore et encore désolée. Pourquoi ?

Pourquoi donc la désolation est une stagnation ? Pourquoi la désolation ne change rien ?

En écoutant ces mêmes mots dans une autre bouche que la mienne, « je suis désolé », j’ai ressenti que la désolation est un apitoiement sur soi-même et non une reconnaissance de la souffrance de l’autre. Et c’est là toute la différence, on est désolé parce qu’on a porté du tort et qu’on a un remord de cela. Mais pas plus.
Dire à quelqu’un qu’on est désolé, c’est lui dire qu’on se sent mal, qu’on a honte de ce que l’on a fait, qu’on a les boulles en quelque sorte. Mais qu'en est-il de notre reconnaissance de la souffrance de l'autre ?

Alors que faire quand on a blessé quelqu’un ? Que faire pour guérir vraiment la blessure que l’on a donnée. Cette après-midi, je me suis vraiment posé la question. Je n’ai pas de réponse toute faite, mais voilà ce qui m’ai venu et m’a semblé le plus juste.
Je me suis dit que le fait de reconnaître que l’on a blessé l’autre devait être plus approprié.

Si on essayait de remplacer « Je suis désolé » par « Je reconnais que je t’ai blessé ». Il me semble que toute l’énergie change. On passe du remord coupable à la reconnaissance. C’est tout simple et en même temps, probablement un gros travail à faire. Car là dans cette attitude, il n’y a ni regret, ni désolation, juste l’acceptation ce que l’on a fait, sans culpabilité, et la reconnaissance pleine et entière de la souffrance que cela a créé.

Les êtres humains acceptent assez facilement de vivre des expériences douloureuses parce que la vie en est pleine. En revanche, plus difficile est la souffrance quand on ne reconnait plus nos souffrances. Reconnaître la souffrance pourrait devenir un vrai outil d’amour et de guérison.

Parce que reconnaître devient alors accepter l’expérience pour ce qu’elle a été et cela permet de la laisser derrière nous.
Le manque de reconnaissance retient l'expérience dans le présent, la reconnaissance la libère dans le passé
.

Je vais essayer de l’appliquer tout de suite dans ma vie… Alors voyons comment je vais m’y prendre… alors voilà, heu d’abord je voudrais dire à toutes les personnes que j’ai blessées en ne reconnaissant pas pleinement que je les avais blessées que je suis désolé de les avoir blessé…
C’est affligeant n’est-ce pas ?
Bon aller, c’était pour rire. Je reprends ;

A vous toutes les âmes que j’ai blessées dans ma vie par mon attitude, mes mots, mes gestes, mes actes, je reconnais pleinement et sans réserve vous avoir blessés, je reconnais la souffrance que vous avez reçu par mon fait, mon manque de tact, d’égard, de confiance et d’amour. Si l’occasion m’en ait donnée, je serais heureux de vous le redire en vis à vis, en mettant ma confiance dans la vie que cet acte ne pourra qu’être juste. Que le courage et la foi m’accompagne.

A vos cahiers de doléances, je suis mûr…
Par Tristan - Publié dans : Petits et grands moments de la vie - Communauté : Agent du bonheur
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