Je commentais récemment un article sur le blog de Marie Lore, qui se demandait s'il ne faudrait pas passer un permis de parents, en me demandant s'il ne faudrait pas déjà pouvoir prendre quelques leçons de parents.
Cette idée fait cruellement défaut dans notre jolie société. Non ? En tant que parents on se fait régulièrement reprendre par les psy, les enseignants, les politiques quelques fois même, et les plus féroces, les autres parents ! mais de quelle aide dispose-t-on pour s’améliorer ?
Niet ! Cacahouète ! On a organisé des formations pour toutes sortes de compétences, mais pour le métier de parents, c’est le désert total, comme si être de bons parents était inné ou pire, ne demandait aucune compétence particulière, aucun accompagnement ! C’est plutôt insensé non ?
Imaginons ce que cela pourrait inconsciemment signifier dans notre organisation de société :
- Conduire la vie d’un enfant demande moins de vigilance et de connaissance que de conduire une voiture (c’est vrai que le code de la route c’est compliqué quand même)
- Elever un enfant est plus simple que d’élever une vache ou un cochon (eh oui on forme bien les jeunes à l’agriculture non ! C’est un métier ça ! Et on ne forme même pas les parents à l’hygiène ou l’alimentation des bébés, c’est Nestlé qui s’en charge !)
- Les enseignants et les éducateurs ont un rôle supérieur aux parents dans l’éducation des enfants (ben oui, ils ont été formés, eux, ils ont un diplôme pour exercer, c’est donc qu’on a considérer leur rôle comme nécessitant une formation, ce qui n’est pas le cas des parents)
Je pense qu’on pourrait en trouver d’autres. J’ai tous les jours des vrais cas de conscience dans l’éducation de mes enfants. Ai-je été juste ? Ai-je été trop dur, trop souple ? Comment stimuler l’envie de s’élever ? Quelle est ma responsabilité ?
Ce matin ma fille part à l’école en oubliant la moitié de ses affaires. Elle bulle complètement la pauvre en ce moment. Comment l’aider à changer d’état ? Jusqu’où est-il juste de l’accompagner sans l’assister ? Mais sans assistance et sans conscience, comment va-t-elle s’en sortir ? Que faut-il faire ? Comment accompagner en étant juste ? Quelque fois je la secoue. Ce matin, je l’ai secoué un peu pour qu’elle s’active. Mais je n’ai pas eu conscience de ce qu’elle oubliait. J’avais la tête ailleurs, donner à manger au chat, ranger le beurre, débarrasser le petit dej, activer tout le monde pour être à l’heure… Quelque fois je remarque tout sans faire d’effort, mais ce matin non. Je n’ai pas vu. Alors c’est quoi la responsabilité dans ces cas là ? Quand je suis présent et posé je vois bien et j’accompagne. Quand je ne suis pas présent à 100%, je suis faillible. Est-ce une faute professionnelle de parent ou est-ce le droit à l’erreur ? Le métier qui rentre.
On se sent très vite coupable en tant que parent parce qu’on ressent très profondément la souffrance et le désarrois de nos enfants. Alors on exige de soi une perfection tellement difficile à atteindre. Il y a du bon : cela rappelle qu’il faut être présent et vigilant à ce qui se passe, et du moins bon : quand les échecs se transforment en culpabilité.
Comment s’aider en tant que parent ? Que pourrait-on faire pour apprendre pour mieux gérer et articuler responsabilité, sensibilité et culpabilité pour être de meilleurs parents, plus efficaces, plus justes et plus libres ?
C’est quoi le programme pour un cours de parents ?
- A., il faut accepter le
câlin de C. Il faut l’accepter.
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