:
Chaque matin, on lit les journaux, on les commente, mais que dit-on de nous-même et de ce que nous ressentons? Qu'explorons-nous vraiement à l'angle de ce Zinc? Et si on se mettait à parler de nous au lieu de nous cacher derrière l'opinion des autres ?
« Désolé », « Je suis désolé ». C’est une phrase que j’utilise souvent quand je sens
qu’on me reproche quelque chose pour lequel je dois admettre que j’étais en faute et que j’ai blessé l’autre.
Cet après-midi, une conversation m’a fait comprendre à quel point la désolation était éloigné d’une vraie reconnaissance de mes propres torts. En écoutant attentivement une personne dire « je suis
désolé », j’ai entendu le drôle de sentiment qui se cache derrière cette formule.
La désolation, le fait d’être désolé, ressemble en fait à l’envie que ce qui s’est produit, la blessure que l’on a infligé aux autres, n’ai jamais existé. On aimerait, par désolation,
que l’histoire telle qu’elle fut vécue disparaisse. Il y a une part de fantasme dans le fait d’être désolé, une part de nostalgie d’un temps où on n’avait pas encore blessé l’autre. « Désolé
» veut souvent dire « Oh comme c’est dommage que cela se soit passé ainsi, si je pouvais revenir en arrière je le ferais bien ».
So what ? Ca avance à quoi d’être désolé ? C’est toujours mieux que de nier les faits, que de nier que l’événement ait était « regrettable » précisément, mais franchement, cela avance à quoi
?
Ca fait une belle jambe à une personne blessée que l’autre lui dise qu’il est désolé. La plupart du temps quand je dis à une personne sensible que je suis désolé, j’ai l’impression qu’elle est
presque blessée de cette désolation. Et cela double la mise.
Car une personne seulement désolée ne change pas. Elle sera encore et encore désolée. Pourquoi ?
Pourquoi donc la désolation est une stagnation ? Pourquoi la désolation ne change rien ?
En écoutant ces mêmes mots dans une autre bouche que la mienne, « je suis désolé », j’ai ressenti que la désolation est un apitoiement sur soi-même et non une
reconnaissance de la souffrance de l’autre. Et c’est là toute la différence, on est désolé parce qu’on a porté du tort et qu’on a un remord de cela. Mais pas plus.
Dire à quelqu’un qu’on est désolé, c’est lui dire qu’on se sent mal, qu’on a honte de ce que l’on a fait, qu’on a les boulles en quelque sorte. Mais qu'en est-il de notre reconnaissance de la
souffrance de l'autre ?
Alors que faire quand on a blessé quelqu’un ? Que faire pour guérir vraiment la blessure que l’on a donnée. Cette après-midi, je me suis vraiment posé la question. Je n’ai pas de réponse toute
faite, mais voilà ce qui m’ai venu et m’a semblé le plus juste. Je me suis dit que le fait de reconnaître que l’on a blessé l’autre devait être plus approprié.
Si on essayait de remplacer « Je suis désolé » par « Je reconnais que je t’ai blessé ». Il me semble que toute l’énergie change. On passe du remord coupable à la reconnaissance. C’est tout
simple et en même temps, probablement un gros travail à faire. Car là dans cette attitude, il n’y a ni regret, ni désolation, juste l’acceptation ce que l’on a fait, sans culpabilité, et la
reconnaissance pleine et entière de la souffrance que cela a créé.
Les êtres humains acceptent assez facilement de vivre des expériences douloureuses parce que la vie en est pleine. En revanche, plus difficile est la souffrance quand on ne reconnait plus
nos souffrances. Reconnaître la souffrance pourrait devenir un vrai outil d’amour et de guérison.
Parce que reconnaître devient alors accepter l’expérience pour ce qu’elle a été et cela permet de la laisser derrière nous.
Le manque de reconnaissance retient l'expérience dans le présent, la reconnaissance la libère dans le passé.
Je vais essayer de l’appliquer tout de suite dans ma vie… Alors voyons comment je vais m’y prendre… alors voilà, heu d’abord je voudrais dire à toutes les personnes que j’ai blessées en ne
reconnaissant pas pleinement que je les avais blessées que je suis désolé de les avoir blessé…
C’est affligeant n’est-ce pas ?
Bon aller, c’était pour rire. Je reprends ;
A vous toutes les âmes que j’ai blessées dans ma vie par mon attitude, mes mots, mes gestes, mes actes, je reconnais pleinement et sans réserve vous avoir blessés,
je reconnais la souffrance que vous avez reçu par mon fait, mon manque de tact, d’égard, de confiance et d’amour. Si l’occasion m’en ait donnée, je serais heureux de vous le redire en
vis à vis, en mettant ma confiance dans la vie que cet acte ne pourra qu’être juste. Que le courage et la foi m’accompagne.
:o) Ce sont des mots. Je crois que quoi que l'on dise, le tout est que celui qui les entend sente la sincérité, non? :o)
Commentaire n°1
posté par
Marie-Lore
le 15/06/2009 à 23h20
Oui, il y a au-delà des mots une forme d'énergie qui paasse et que l'on peut recevoir. C'est vrai. Je dis souvent qu'on peut dire "tu me casse les pieds" avec amour ou "Tu es l'être le plus
merveilleux" avec de l'ironie et de la mesquinerie.
Il y a aussi des expressions qui correspondent à des réactions qui sont ancrées dans nos cultures et que l'on utilise sans comprendre la signification, comme le "oui mais, "non mais" qui est une
réaction pour se justifier. Je crois que "Je suis désolé" est du même ordre, une réaction d'une personne qui se sent coupable, et qui exprime son désaroi. C'est déjà un beau geste, mais cela ne
suffit pas à faire dépasser la blessure.
quelqu un m a dit un jour que desole ca voulait rien dire, qu il fallait agir de tel sorte a ne pas avoir a prononcer ces mots dans mon desole a moi y avait une grosse envie d effacer mes actes, de pas avoir a me culpabiliser d avoir mal agi ou plutot de prendre la responsabilite de mes actes j ai fait du tort a cette personne a maintes reprises et je peux te dire qu il en fallu du temps (et malheureusememt qu elle me blesse a son tour) pour que je reconnaisse que je l avais blesse Il a fallu que je fasse l experience de sa peine
Commentaire n°2
posté par
hadda
le 16/06/2009 à 03h48
être desolé c'est admettre qu'on a fait du mal à quelqu'un ,que ce quelqu'un souffre ,mais en disant :je suis désolé moi, j'entends c'est embêtant que tu souffres de ce que je t'ai dit ?pas : je regrette ce que je t'ai dit. J'ai toujours pensé que les excuses ne servaient a rien,(un peu trop rigide peut être) et les paroles dites dans la colere ou la douleur restent toujours dans les oreilles du destinataire ,mais sans compter sur le pouvoir du pardon et de l'amour .
Commentaire n°3
posté par
louisette
le 16/06/2009 à 08h36
Désolée ! Mais je suis d'accord avec Marie-Lore... Derrière ce mot, il y a le désir de reconnaître une erreur ou une différence. C'est une entrée en matière, c'est le début d'une prise de conscience. Ce peut-être un signal de déférence (désolée, je ne pense pas comme vous mais je respecte vos idées). Certes, il ne se suffit pas à lui-même mais il marque une pause dans l'acte commis. Il y a beaucoup plus d'humilité que d'ego-satisfaction pour se déculpabiliser... Encore une fois, on constate que chacun à son interprétation, chacun met de sa vie et de ses expériences derrière un mot, c'est peut-être cela qui est intéressant... Bonne journée à tous et toutes.
Commentaire n°4
posté par
Françoise
le 16/06/2009 à 09h05
En lisant ton billet, je me suis demandée ce que je mettais dans mes mots: "je suis désolée" . Je pense que je dit "pardon de t'avoir fait du mal" et je cherche comment réparer ou je me promets intérieurement de ne plus refaire cette erreur d'acte ou de parole qui a blessé l'autre. C'est un vrai travail sur l'ego en fait, je m'en rends compte en te lisant. Ensuite, je me dis que derrière tes mots, il y a une véritable envie de communication VRAIE et je suis admirative de cela Tristan. Merci d'avoir cette ouverture, puisque tu poses cela, je saurais le faire si necessaire et cela me remplit de joie ... Plein de bisous
Commentaire n°5
posté par
Florence
le 16/06/2009 à 11h54
et de REMERCIER aussi cette personne d etre un beau miroir de la blessure en moi que je pensais avoir guerie, la reconnaissance, la guerison de mes blessures (en blessant l autre inconsciemment) passe surtout par la gratitude.dans l energie, c est fantastique. il faut etre 2 pour dire et entendre, apres on ne peut juger de la sincerite de la personne, je n ai pas de pouvoir sur COMMENT l autre va se sentir, je le dis pour moi, pour me guerir moi. et si j ai en face de moi une personne qui a la capacite de m accueuillir et de m ecouter dans cette demarche, alors on fait des bons ensemble! c est de la vraie communication gagnant-gagnant. et c est magique! pour mots ne sont pas rien, parfois le silence resonne plus que les plus beaux discours, etre capable de verbaliser, c est aussi etre plus humain et plus conscient, tout simplement. ne sommes-nous pas tous des etres blesses au fond qui cherchons a nous guerir mutuellement? merci tristan pour ce beau partage. bon vent a toi
Commentaire n°6
posté par
marlene
le 16/06/2009 à 15h17
merci mon Tristan pour cette magnifique et émouvante délivrance que tu nous confies là. Vois tu, j'en ai les larmes aux yeux en te lisant. et surtout, parole d'ours, ne sois pas désolé de l'avoir écrit... tendresse
Commentaire n°7
posté par
mato sapa
le 17/06/2009 à 20h43
Bonjour Tristan Je viens lire les com' et j'en profite toujours pour relire ton témoignage,et il y a un mot qui m'a touché:la reconnaissance de la douleur" des autres et, ou ,de soi même .C'est fou comme des mots peuvent soudain eclairer une vie,pourquoi on s'accroche à des souffrances quelques fois bien anciennes pourquoi on ne peut pas lacher....... Moi aussi j'en ai les larmes aux yeux,j'espere te voir dimanche 28 Je t'embrasse
Commentaire n°8
posté par
Louisette
le 19/06/2009 à 12h56
Envie de mettre un petit coup de booster dans votre vie ? J'étudie et utilise l'astrologie depuis 10 ans et je propose aujourd'hui des consultations
orientées vers l'identification des grands scénarii de vie. Le but : mettre en lumière la dynamique de vie profonde, comprendre la répétition des événements et les changements à produire pour
réaliser consciemment son chemin de vie.
Ce sont des mots. Je crois que quoi que l'on dise, le tout est que celui qui les entend sente la sincérité, non?
:o)
Il y a aussi des expressions qui correspondent à des réactions qui sont ancrées dans nos cultures et que l'on utilise sans comprendre la signification, comme le "oui mais, "non mais" qui est une réaction pour se justifier. Je crois que "Je suis désolé" est du même ordre, une réaction d'une personne qui se sent coupable, et qui exprime son désaroi. C'est déjà un beau geste, mais cela ne suffit pas à faire dépasser la blessure.
quelqu un m a dit un jour que desole ca voulait rien dire, qu il fallait agir de tel sorte a ne pas avoir a prononcer ces mots
dans mon desole a moi y avait une grosse envie d effacer mes actes, de pas avoir a me culpabiliser d avoir mal agi ou plutot de prendre la responsabilite de mes actes
j ai fait du tort a cette personne a maintes reprises et je peux te dire qu il en fallu du temps (et malheureusememt qu elle me blesse a son tour) pour que je reconnaisse que je l avais blesse
Il a fallu que je fasse l experience de sa peine
J'ai toujours pensé que les excuses ne servaient a rien,(un peu trop rigide peut être) et les paroles dites dans la colere ou la douleur restent toujours dans les oreilles du destinataire ,mais sans compter sur le pouvoir du pardon et de l'amour .
Désolée ! Mais je suis d'accord avec Marie-Lore... Derrière ce mot, il y a le désir de reconnaître une erreur ou une différence. C'est une entrée en matière, c'est le début d'une prise de conscience. Ce peut-être un signal de déférence (désolée, je ne pense pas comme vous mais je respecte vos idées). Certes, il ne se suffit pas à lui-même mais il marque une pause dans l'acte commis. Il y a beaucoup plus d'humilité que d'ego-satisfaction pour se déculpabiliser... Encore une fois, on constate que chacun à son interprétation, chacun met de sa vie et de ses expériences derrière un mot, c'est peut-être cela qui est intéressant... Bonne journée à tous et toutes.
Ensuite, je me dis que derrière tes mots, il y a une véritable envie de communication VRAIE et je suis admirative de cela Tristan.
Merci d'avoir cette ouverture, puisque tu poses cela, je saurais le faire si necessaire et cela me remplit de joie ... Plein de bisous
pour mots ne sont pas rien, parfois le silence resonne plus que les plus beaux discours, etre capable de verbaliser, c est aussi etre plus humain et plus conscient, tout simplement. ne sommes-nous pas tous des etres blesses au fond qui cherchons a nous guerir mutuellement? merci tristan pour ce beau partage. bon vent a toi
tendresse
Je viens lire les com' et j'en profite toujours pour relire ton témoignage,et il y a un mot qui m'a touché:la reconnaissance de la douleur"
des autres et, ou ,de soi même .C'est fou comme des mots peuvent soudain eclairer une vie,pourquoi on s'accroche à des souffrances quelques fois bien anciennes pourquoi on ne peut pas lacher.......
Moi aussi j'en ai les larmes aux yeux,j'espere te voir dimanche 28
Je t'embrasse