Mercredi 13 décembre 2006
40 ans, l’année des transformations, l’année des réformes intérieures, des structures qui volent en éclat. La « crise » des 40 ans, tout le monde connaît.
Aujourd’hui, je lis dans le gratuit du soir que le Conseil Economique et Social a présenté un rapport au gouvernement visant à faire éclater le monopole de représentativité des 5 structures syndicales françaises, monopole institutionnalisé en 1966. 1966 à 2006, 40 ans. Bien sûr !
Cela fait quelques années que ces structures sociales gangrènent la relation sociale entre les entreprises et les salariés, et probablement que d’autres ont essayé de s’attaquer à la question de ce monopole depuis longtemps. Sans y parvenir. Il semblerait bien cette fois que le monolithe soit prêt à voler en éclat. Au bout de 40 ans. Comme par hasard.
Faut-il attendre tout ce temps pour faire évoluer les choses. Ne peut-on évoluer plus vite ?
Je veux dire évoluer en profondeur, c’est à dire avec une vraie compréhension de ce qui doit changer en nous et une réforme de notre structure intérieure suffisamment puissante pour qu’en effet, l’évolution puisse se faire.
Difficile question. Le conditionnement, le libre arbitre, encore eux.
Né la même année que le monopole des syndicats français, je m’observe dans cette même énergie de transformation. 40 ans, deuxième divorce. En quoi est-il différent ? Quelle part de moi-même je reproduis ? Quelle part de moi-même je transforme ?
En fait, je transforme tout, je m’en rends bien compte. Aujourd’hui, tout une part de moi-même que je maintenais pour des raisons extérieures à ce que je suis au fond de moi, vient d’exploser. Je me retrouve face à moi. Et toute ma vie change. Famille, amour, travail. Tout.
En astrologie, c’est entre 40 et 44 ans qu’Uranus, la planète de la révolte et de la liberté, vient s’opposer à elle-même. Tout semble alors positionné pour qu’une prise de conscience violente, soudaine et profonde secoue les structures en vue de libérer le potentiel de l’individu. C’est comme un double détonateur qui se met en place dans cette période
L’actualité, elle, regorge d’histoires de revirement, qui se passent au bout de 40 ans . L'armée libanaise se déploie enfin au Liban sud, une région dont elle avait perdu le contrôle depuis près de 40 ans. Drôle de changement pour ce pays dont la principale faiblesse pendant ces 40 années est d’avoir abandonné son intégrité territoriale à des armées irrégulières ou étrangères.
40 ans pour oser se regarder. Tout ce temps on se prend pour des adultes, alors qu’on n’a même pas conscience qu’on est encore en train de jouer des rôles. Comme des enfants. On a conscience de ne pas faire ce qu’il faut, mais c’est comme si on ne pouvait pas comprendre ce qu’il fallait changer, parce que c’est tellement en nous et au fond de nous, qu’on n’ose pas y toucher de peur de disparaître. Mais à 40 ans, tout lâche, et on n’a plus le choix. L’ego s’effondre, il faut être soi ou voler en éclat.
Les 40 font peur, il y a de quoi, parce qu’elles sonnent le glas du personnage de carton pâte que nous avions construit jusque là. On est forcé de se transformer, par la conscience ou par les événements extérieurs, par le feu de l’esprit ou par les flammes de l’enfer, c’est le seul choix que l’on a vraiment.
Je finis ma 40ième année, me voici neuf, mon ancienne vie calcinée sur l’autel de la transformation. Pas facile, mais tellement beau.
Car pour chaque part de moi même que j’ai jeté au bûcher, la providence m’a aussitôt comblé d’une part plus belle plus grande et plus merveilleuse.
Vive les 40 ans !
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